Tout a commencé le vendredi 15 janvier 1994. J'étais en visite chez ma
sœur Colette qui m'avait invité à souper chez elle. Après avoir mangé
et discuté avec elle, je suis parti chez moi. Rendu chez moi j'ai descendu
au sous-sol, et puis soudain je m'écroulais, à ma grande surprise je me suis
retrouvé sur le sol sans ressentir aucune douleur particulière.
Ce n'est qu'après m'être traîné jusqu'au pied de l'escalier, près des deux
portes, que j'ai réalisé que j'étais par terre. Je pensais bien pouvoir me
sortir seul de cette situation malencontreuse mais je m'appercevais bien
que je ne marchais plus . Après trois tentatives pour monter les marches,
rien à faire! malgré tous mes efforts avec l'aide de mon bras libre pour
m'agripper de mon mieux, c'était peine perdue, je devais me résigner à demeurer
au bas de l'escalier.
Comme toutes les lumières de la maison étaient allumées, je me suis dit,
que la nuit venue, les voisins trouveraient anormal qu'il en soit ainsi et
s'interrogeraient, puisqu'habituellement, je me couche tôt. En attendant
du secours, j'ai fait un rêve : deux femmes s'occupaient de moi, une
grassette s'occupait du physique et l'autre, s'occupait du mental.
Je me suis finalement endormi au pied de l'escalier où je suis resté quinze
heures. Une amie du nom de Françoise tentait de me rejoindre par téléphone
mais puisque ses appels répétés demeuraient sans réponse, elle s'inquiéta et
contacta ma sœur et mon frère qui se sont empressés de venir à mon secours.
J'étais en très mauvaise état, ils se sont donc empressés de me reconduire à
l'hôpital et c'est là que l'on m'a appris que j'avais été victime d'un ACV.
Pendant quelques mois j'ai fait de la physiothérapie, de l'orthophonie et
beaucoup de thérapie pour être capable de marcher à nouveau et de
pouvoir parler. J'ai du marcher un bout de temps avec une marchette
d'abord, puis avec une canne. Les progrès sont apparus petit à petit, à force
de courage, ce qui est important, et de patience aussi. J'ai repris suffisamment
mes moyens pour demeurer chez moi, conduire ma voiture, gérer mes choses,
et même vous écrire. Je sais que mon état va encore s'améliorer.
Je vous aime tous!
Gaétan Lemaire