Témoignage : Daniel Mailhot
À
l'adolescence, j'ai demeuré en ville. J'y ai vécu mes
expériences de jeunesse
qui, en passant, n'étaient pas toujours faciles à vivre
pour un petit gars de la campagne.
J'avais une nature candide, mais j'ai appris à me battre
malgré tout.
Ensuite, vint le temps de devenir adulte. Ce bout de chemin fut
parsemé
d'embûches en partie dues au tempérament des
garçons de la ville. Ce tempérament
n'était pas celui du petit garçon que j'étais donc
encore là, j'ai dû m'ajuster.

L'épreuve
Tout a commencé quand ma fille de trois mois a reçu
son vaccin, "le sabin",
contre la poliomyélite. Pour ceux qui ne sont pas au courant ,
ce vaccin est une substance préparée à partir de
microbes, virus ou parasites
(tués, inactivés, ou atténués par des
procédés spéciaux), qui, innoculée
à un individu, lui confère une immunité contre le
germe correspondant.
Le C.L.S.C.
nous a donc averti, ma femme et moi, de faire attention
quand nous devrions changer sa couche, car le virus introduit
buccalement à ma fille Jade pourrait nous infecter par ses
selles.
Les recommandations préventives du C.L.S.C. étaient de
bien se laver
les mains après chaque changement de couche. Moi, je changeais
la
couche de ma fille à tous les matins, vers 5 heures, avant
d'aller travailler,
mais comme elle ne faisait jamais de selles, je ne portais pas
une grande attention aux recommandations faites par le C.L.S.C.
Un
certain dimanche!
Bang!! Un jour, tout bascula. Alors que je travaillais
bénévolement
au hockey, un grand malaise se fit sentir dans les hanches et les
jambes.
Aussitôt, je me dis :" Que m'arrive-t-il? Trop longtemps
debout je présume.
Je vais aller me reposer à la maison et tout va rentrer dans
l'ordre."
Le lendemain, aucun changement dans ma situation. Déjà,
je sentais que
quelque chose de grave m'arrivait. Quand j'ai monté les marches,
je suis tombé à genoux et c'est alors que j'ai
décidé de ne rendre à l'urgence.
À partir de là, j'ai vécu, minute par minute, la
perte de mes deux jambes.
Au début, on m'a attribué divers diagnostics avant de me
confirmer,
après deux mois et demi de tests, que c'était la
poliomyélite.
La réadaptation
Durant ma phase de réhabilitation, ce que j'ai
trouvé de plus difficile,
c'était d'être loin de ma famille et surtout de ma petite
fille de trois mois
que je ne voyais pas grandir. J'ai demeuré quatre mois au Centre
de Réadaptation
de Montréal. J'ai eu besoin de penser à vivre à
tout jamais avec cet handicap
puisque le médecin était formel : c'était
irréversible, je ne marcherais plus jamais.
À ce moment-là, j'ai eu une pensée pour le petit
gars de la campagne
qui arrivait en ville. Encore une épreuve, mais quelle
épreuve!
J'ai dû retrousser mes manches comme on dit si bien en " bon
québecois."
Je me suis battu afin d'acquérir le plus d'autonomie possible.
Je peux vous affirmer que cela n'a pas toujours été
facile.
À la maison, je ne voulais pas du tout que ma femme m'aide, car
je me disais qu'elle avait assez des enfants à s'occuper. Je ne
voulais
pas lui imposer un fardeau de plus, sûrement par orgeuil.
Je me lançais continuellement des défis ce qui m'a
certainement aider
à devenir le plus autonome possible.
Aujourd'hui,
je peux vous dire que quiqonque se donne un but
à atteindre vaincra. Lorsqu'un malheur arrive, l'attitude prise
face
à ce malheur est décisive. Je suis a l'emploi de
l'Association depuis
le 30 août 1999. Je me dis qu'avec ma détermination et mon
exemple,
je pourrais en aider d'autres.
Je vous
remercie d'avoir pris le temps de lire mon bout de vie
et je serais très content si une personne parmi vous se relevait
les manches
et décidait de se battre après avoir lu mon
témoignage.

Voici mes filles, Stéphanie et Jade.

Voici ma fille Jade.

Qui a dit que
la vie était facile ?
Lâchons pas, c'est dans nos épreuves qu'ont devient plus
grand !
@ la prochaine

