Daniel Mailhot

Témoignage : Daniel Mailhot

Bonjour!

Étant tout jeune, j'ai connu la séparation d'avec mes parents
et ce que c'était que d'habiter dans un foyer nourricier
chez des purs étrangers sur une ferme. J'allais à l'école et je devais travailler
sur la ferme. J'ai donc appris tôt à prendre mes responsabilités et à effectuer
différentes tâches sur la ferme. Disons que cela m'a beaucoup aidé dans la vie.

À l'adolescence, j'ai demeuré en ville. J'y ai vécu mes expériences de jeunesse
qui en passant n'étaient pas toujours faciles à vivre pour un petit gars de la campagne.
J'avais une nature candide, mais j'ai appris à me battre malgré tout.
Ensuite, vint le temps de devenir adulte. Ce bout de chemin fut parsemé
d'embûches. En partie, dû au tempérament des garçons de la ville. Ce tempérament
n'était pas celui du petit garçon que j'étais, donc encore là, j'ai dû m'ajuster.


Puis un jour, j'ai fait la rencontre de ma femme, Diane.
À ce moment là, elle avait un petit garçon de trois ans.
Ensemble, nous avons eu deux charmantes
filles, celles-ci ont complété notre magnifique petite famille.

L'épreuve
Tout a commencé quand ma fille de trois mois a reçu son vaccin "le sabin"
contre la Poliomyélite. Pour ceux qui ne sont pas au courant ,
ce vaccin est une substance préparée à partir de microbes, virus ou parasites
(tués, inactivés, ou atténués par des procédés spéciaux), qui, innoculée
à un individu, lui confère une immunité contre le germe correspondant.

Donc le C.L.S.C. nous a averti ma femme et moi de faire attention
quand nous devrions changer sa couche car le virus introduit
buccalement à ma fille Jade, pourrait nous infecter par ces selles.
Les recommandations préventives du C.L.S.C. étaient de bien se laver
les mains après chaque changement de couche. Moi, je changeais la
couche de ma fille à tous les matins vers 5 heures avant d'aller travailler,
mais comme elle ne faisait jamais de selles, je ne portais pas
une grande attention aux recommandations faites par le C.L.S.C.

Un certain dimanche!
Bang!! Et un jour tout bascula. Alors que je travaillais bénévolement
au hockey, un grand malaise me pris dans les hanches et les jambes
. Aussitôt, je ne dis " que m'arrive-t-il? trop longtemps debout, je présume.
Je vais aller me reposer à la maison et tout va rentrer dans l'ordre que je me suis dit
Le lendemain aucun changement dans ma situation. Déjà, je sentais que
quelque chose de grave m'arrivait. Quand j'ai monté les marches,
je suis tombé à genoux, et c'est alors que j'ai décidé de ne rendre à l'urgence.
À partir de là, j'ai vécu minute par minute, la perte de mes deux jambes.
Au début, on m'a attribué divers diagnostiques, avant de me confirmer,
après deux mois et demi de tests, que c'était la poliomyélite.

La réadaptation
Durant ma phase de réhabilitation, ce que j'ai trouvé de plus difficile,
c'était d'être loin de ma famille et surtout de ma petite fille de trois mois
que je ne voyais pas grandir. J'ai été parti quatre mois au Centre de Réadaptation
de Montréal. J'ai eu besoin de penser à vivre à tout jamais avec cet handicap,
puisque le médecin était formel : c'était irréversible, je ne marcherais plus jamais.
À ce moment là, j'ai eu une pensée pour le petit gars de la campagne
qui arrivait en ville, encore une épreuve, mais quelle épreuve!
J'ai dû relever mes manches, comme on dit si bien "en bon québecois."
Je me suis battu afin d'acquérir le plus d'autonomie possible.
Je peux vous affirmer que cela n'a pas toujours été facile.
À la maison, je ne voulais pas du tout que ma femme m'aide car
je me disais qu'elle avait assez des enfants à s'occuper, je ne voulais
pas lui imposer un fardeau de plus, sûrement par orgeuil.
Je me lançais continuellement des défis ce qui m'a certainement aider
à devenir le plus autonome possible.

Aujourd'hui je peux vous dire que quiqonque se donne un but
à atteindre, vaincra. Lorsqu'un malheur arrive, l'attitude prise face
à ce malheur est décisive. Je suis a l'emploi de l'Association depuis
le 30 août 1999. Je me dis qu'avec ma détermination et mon exemple,
que je pourrais en aider d'autres.

Je vous remercie d'avoir pris le temps de lire mon bout de vie,
et je serais très content si une personne parmi vous se relève les manches
et décide de se battre en lisant mon témoignage.

Merci!

Voici mes filles Stéphanie et Jade

Voici ma fille Jade

P.S. Une mise à jour s'impose. Je suis maintenant divorcé depuis deux ans
mais j'ai eu la chance de rencontrer une merveilleuse femme depuis
et on s'aime profondément.


Qui a dit que la vie était facile ?
Lâchons pas, c'est dans nos épreuves qu'ont devient plus grand !

@ la prochaine