Richard Ruest

Bonjour,

Natif de Rimouski et deuxième d’une famille de treize enfants, j’ai eu une vie familiale assez bien remplie. Dès l’âge de onze ans, je m’occupais de mes frères et soeurs, car mon père travaillait et ma mère avait besoin d’aide à la maison (plusieurs enfants étaient en bas âges). À seize ans, je travaillais au Nouveau-Brunwick dans un chantier de bûcherons avec mon frère aîné. Ce n ‘est qu’en 1947 que mes parents décidèrent de s’installer dans la région de Drummondville, précisément sur une ferme à Saint-Edmond.

De 1948 à 1958, j’ai travaillé à la Dominion Textile. Pendant ces années là, je me suis marié et eu deux enfants. Cependant, mon fils est décédé à l’âge de deux jours suite à une naissance prématurée. En 1958, c’est l’année où l’on m’a diagnostiqué la « sclérose en plaques », mais on gardait bien de nous le dire car vous savez dans ces années là, beaucoup de choses étaient cachées. À ce moment, j’ai dû quitter l’usine. Ce fut un changement de cap qui me bouleversai. J’ai fait des recherches dans ma famille, à savoir s’il y avait des cas de sclérose en plaques et de diabète. Finalement, j'ai découvert que la soeur de ma mère est décédée de la sclérose en plaques et que du côté de mon père, deux de ses frères étaient diabétiques.

Suite à mon départ de l’usine, je me suis mis à élever des pourceaux à la ferme de mes parents. En 1965, je quittai la ferme pour déménager à Montréal et me trouver du travail. J’ai été engagé comme livreur de pièce automobile chez Jarry Ford pendant deux ans et ensuite j’ai travaillé pendant dix ans chez Boxcraft où l’on fabriquait des boîtes de carton.

En 1974, j’ai subit une opération dans le bas du dos, conséquente de ma maladie. Ce n’est qu’en 1977, lors de ma deuxième opération (qui était une greffe), que des questions surgissaient dans mon esprit. De quoi vais-je vivre ? D’une rente d’invalidité ? J’ai pris mon courage à deux mains et après quelques temps, j’ai finalement appris à composer avec la maladie. De 1977 à 1984, j’ai tenu un camping à St-Angèle-de-Manoir, pour finalement, tout vendre et rejoindre ma fille à Drummondville.

C’est en regardant autour de moi et en voyant la détermination d'autres personnes handicapées que j’ai réussi à apprivoiser d’une certaine façon la maladie. Le bénévolat m’a également beaucoup aidé dans ma vie. Après mon diagnostic, de 1985 à 1989, je me suis impliqué socialement au sein de l’Association des Personnes Handicapées de Drummondville. Après ces années, je me suis impliqué pendant onze ans comme président au sein du comité de loisirs des édifices Bernier sur la rue Cockburn.

Je pense qu’il ne faut pas rester muet face à la personne handicapée. Il reste beaucoup à faire. Il n'y a qu'à regarder, côté bureaucratie, le délai d'attente quand la personne effectue certaines demandes. C'est beaucoup trop long et ça crée des stagnations inutiles. Les personnes handicapées qui vivent avec des limitations reçoivent leurs réponses tardivement. Il faut donc se mobiliser, se concerter et rester unis pour atteindre les résultats attendus. Il faut être conscient que nous sommes des personnes à part entière, des individus faisant partie intégrale dans l’évolution de notre société. Pour ma part, je désirais vivre centenaire avec toute ma lucidité et ma combativité.

Je vous souhaite à toutes et tous une vie aussi remplie et enrichissante que l'a été la mienne juste qu’à aujourd’hui et au plaisir de se rencontrer prochainement.

Un regard sur l’avenir embellit le présent et laisse le parfum du souvenir, malgré tout heureux.

Richard Ruest