Michel Lemay


Bonjour à toutes et à tous.

Je m’appelle Michel Lemay et j’ai 18 ans. Je suis nouveau membre de l’association des personnes handicapées. Après ce petit témoignage, vous me connaitrez un peu mieux.

Je suis atteint d’Amyotrophie Spinale Intermédiaire : une maladie neuromusculaire. Cette maladie s’attaque à tous les muscles de mon corps qui les affaiblit considérablement. Ils m’ont diagnostiqué cette maladie dès ma naissance, contrairement à mon frère aîné, qui est maintenant président du conseil d’administration. En effet, lorsqu’ils ont vu que je ne pouvais marcher à l’âge normal pour un enfant, ils ont su que j’étais atteint de la même maladie que mon frère. Les effets concrets de cette maladie font que je ne peux faire aucun transfert de ma chaise roulante, que je ne peux marcher, que je ne peux soulever des objets plus lourds qu’un litre de lait, etc.

Malgré cette maladie, mes parents, avec leur détermination de fer, ont exigé que j’entre dans une école primaire régulière dès la maternelle. Grâce à cela, j’ai eu confiance que je pourrais mener une vie comme les autres et que rien ne pourrait m’arrêter. Je faisais des arts plastiques comme les autres élèves, je jouais aux mêmes jeux qu’eux lors des cours d’éducations physiques et, lorsque ce n’était pas possible, le professeur me donnait toujours une tâche à accomplir durant le jeu (chronométreur, juge, etc.). Ce fut une très belle période entourée de nombreux amiEs.

Ensuite, j’ai commencé mon secondaire. Comme j’avais joué du piano et de la flûte étant plus jeune, je décidai d’entrer en concentration musique à Jean-Raimbault avec, comme instrument, le cor français : rien de pouvais m’arrêter. Ce ne fut pas évident au début puisque mes amiEs allaient tous à une polyvalente différente. Je ne connaissais personne, mais ce problème fut vite réglé. Je me fis rapidement de nouveaux amiEs. J’ai passé cinq superbes années avec ma « gang de musique » et, malgré mes faiblesses, j’ai réussi parfaitement à suivre les autres.

Présentement, j’étudie en Sciences Pures et Appliquées au cégep de Drummondville. Le passage du secondaire-cégep a été plus facile que celui primaire-secondaire, car les plupart de mes amiEs allaient étudier au même endroit et, en plus, je retrouvais quelques amiEs de l’élémentaire. L’adaptation au cégep à cause de mes faiblesses a été assez simple, car, d’une part, ma détermination que mes parents m’avaient enseignée était très grande et, d’une autre part, mon frère avait déjà fait une partie du chemin.

Alors, même si nous ne sommes pas allé dans le même domaine, les intervenants savaient de quoi il s’agissait. Cependant, le seul gros obstacle, qui me faisait hésiter à aller dans ce domaine, fut les laboratoires de chimie, de biologie et de physique. Je ne pouvais faire de manipulations à cause de mes faiblesses musculaires. De plus, certains professeurs étaient plus réticents à ce que j’assiste aux laboratoires puisqu’il y avait certains produits dangereux. Mais, une chose que je sais, c’est qu’il ne faut jamais lâcher et se décourager lorsqu’on y met un peu de soi. Alors, j’ai foncé et tout c’est bien déroulé. Il me reste seulement un an et j’ai la volonté de me rendre loin dans mes études.

Présentement, je suis en vacances pour tout l’été et j’en profite pleinement. Pour passer le temps, je lis, je travaille et joue à l’ordinateur, j’écoute des films, sans oublier que je vais prendre l’air dehors et que je fais beaucoup de sorties avec mes amiEs. De plus, depuis 2 ans, je vais me promener en ville. Je pars de chez-moi à St-Nicéphore et je me rend en ville en chaise roulante et je passe, quelquefois, chercher un ami, en passant, pour m’accompagner. Je trouve que cela me donne une grande autonomie que je n’avais pas avant. Je me sens « plus libre ». En effet, je n’ai pas besoin d’attendre de transport et de toujours fixer une heure, je peux revenir à l’heure que je désire et je n’ai pas toujours besoin de « stresser » pour l’heure à laquelle le transport viendrait me chercher.

Voilà, vous en savez un peu plus sur moi.

Passez un bel été et portez-vous bien.

Michel Lemay