Cette tragédie s’est produite le 24 juillet 1969 alors que
nous revenions, ma famille et moi, d’une journée
d’activités communautaires à Murdochville. Sur le
chemin du retour, en direction de Mont-Louis, sur la route 198, un
fardier chargé de bois de pulpe (pitoune) est venu faucher notre
automobile à la suite d’une perte de contrôle
causée par un bris mécanique sur le véhicule lourd.

Dans cet accident, j’ai malheureusement perdu ma
mère Lucette St-Laurent-Thibeault (27 ans), mon père
Lionel Thibeault (33 ans) et ma jeune sœur Guylaine Thibeault (5
ans). Mon frère Gino, âgé à
l’époque de 2 ans, s’en est tiré sans trop de
gravité. Tant qu’à moi, j’ai
été plongée 9 mois dans le coma. À mon
réveil, inutile de vous dire que j’ai dû passer par
des moments plus que difficiles. J’ai dû subir plusieurs
opérations à la main et au genou gauche, en plus
d’avoir une trachéotomie. Comme vous pouvez sans doute
l’imaginer, j’ai perdu énormément
d’autonomie lors de cet accident. Toutefois, perdre trois membres
de ma famille fut ma plus grande tristesse.
Après ma période traumatique, j’ai
été admise au Centre de réadaptation
François Charron de Québec. Ce n’est que plusieurs
mois plus tard que j’ai pu demeurer chez ma grand-mère au
Mont-Louis. Quelque temps après, ne pouvant plus me garder,
j’ai été placée au Pavillon Lamontagne de
Ste-Anne-des-Monts. À cette institution, j’avais de
l’école et des ateliers, mais ce qui m’a
marquée le plus, c’est la façon peu conviviale avec
laquelle j’ai été traitée. En plus, à
cette même époque, j’ai découvert que je
souffrais d’épilepsie causée par l’accident.
Toutes ces choses, qui me sont arrivées depuis
mon enfance, ont fait que je suis devenue très agressive et
constamment insécure. Ce n’est que quelques années
plus tard que j’ai pu habiter un appartement, mais comme
j’étais une personne seule et instable
émotionnellement, la peur m’envahissait continuellement.
C’est alors que Madame Hélène Robitaille, qui avait un atelier en ergothérapie, m`a offert d’aller demeurer chez elle. À partir de là, j’ai commencé à vivre une vie un peu plus « normale », car Hélène a très bien su comment me prendre et surtout me comprendre. Je m’en voudrais également de ne pas vous mentionner que j’ai un conjoint. Tout cela vous paraîtra un peu cocasse, mais il est en fait le fils de madame Hélène.
J’avais fait auparavant la connaissance de son fils Gilles qui est maintenant mon conjoint. En avril 2000, madame Hélène nous annonçait qu’elle déménageait de Ste-Anne-des-Monts à Drummondville. Nous avons alors pris la décision de déménager nous aussi, mais dans un loyer, seuls, Gilles et moi.
Depuis, nous vivons une vie assez paisible tout en assumant davantage
nos responsabilités. Tout semble désormais aller dans la
bonne direction. Nous sommes devenus membres de l’Association au
tout début de notre arrivée à Drummondville. Je me
suis beaucoup améliorée depuis que j’en fais
partie, car elle m’a permis de prendre confiance en moi en
fraternisant avec les autres membres de l’Association durant
certaines activités. Je remercie l’A.P.H.D. pour les bons
conseils et l’information qu’elle m’a apportée.